Passer quatre décennies dans la même entreprise, ce n’est vraiment pas courant aujourd’hui. Si l’on demande à Stefan Walser pourquoi il est resté aussi longtemps chez Hälg & Cie SA à St-Gall, il répond sans hésiter: «Si cela convient, on reste.» Une phrase simple qui résume toute une histoire professionnelle. Et la grande fierté d’accomplir ce travail: «Lorsque je regarde la ville, je suis fier de voir toutes les constructions auxquelles j’ai participé.»

Sabine Ritz

Il n’a pas été attiré de prime abord par le métier d’installateur en chauffage. «Il m’a fallu beaucoup de temps pour choisir une formation après le degré secondaire.» La consultation d’un conseiller d’orientation lui a donné de premières idées et l’a mené vers la technique du bâtiment. Il s’est familiarisé avec les systèmes électriques, le sanitaire et le chauffage, en excluant les deux premières options.

Le contrat d’apprentissage de Stefan datant de 1986: avec six autres apprenti(e)s, il a démarré son apprentissage de monteur en chauffage chez Hälg & Cie SA à St-Gall. A l’époque, les semaines de travail comptaient 44 heures.

C’est ainsi qu’il a opté en faveur de l’apprentissage de monteur en chauffage, l’ancienne désignation du métier. Une personne de son village qu’il connaissait travaillait à l’époque chez Hälg & Cie SA à St-Gall. «C’est ce qui a attiré mon attention sur l’entreprise.» Il a écrit une seule lettre de candidature, a bouclé son apprentissage avec succès en 1989 et fait depuis partie de la succursale à St-Gall.

«Je préfère être sur le chantier»

Il a démarré sa carrière professionnelle comme monteur B (aujourd’hui monteur junior) sur le chantier. Puis, il a commencé à assumer plus de responsabilités et était pendant un certain temps chef de montage adjoint. Ensuite, il a repris à son initiative les tâches d’un installateur en chauffage classique. «Je préfère le chantier.» Ce travail a beaucoup évolué au cours des années, mais étonnamment peu aussi à certains égards. Autrefois, on transportait des radiateurs lourds, on démontait les chaudières et on soudait beaucoup. Aujourd’hui, on se concentre plus sur le chauffage au sol, les systèmes de sertissage et les pièces préfabriquées issues de l’usine. «Les efforts physiques étaient plus importants par le passé», ajoute-t-il, «certaines choses sont devenues plus faciles maintenant.»

En mars 2009, un article intitulé «Hälg tourne à plein régime» a été consacré à Hälg Group. L’image montre Stefan au travail.

Il s’est accoutumé lentement à la nouvelle technique, car il a longtemps préféré le papier aux plans numériques sur la tablette. «Je m’y suis opposé au début. Sans doute aussi parce que je n’avais pas de patience quand cela ne marchait pas.» Entre-temps, la tablette fait partie de son quotidien. Il voit les avantages qu’elle offre: la prise de photos, la clarification rapide de questions ou l’agrandissement de plans. Mais on remarque qu’il est resté attaché au papier. «Lorsque je planifie des choses, je le note tout de suite. C’est plus rapide sur du papier.»

La fierté professionnelle est la clé

Ce qui est resté constant chez lui, ce sont les exigences posées à son travail. «Il faut comprendre ce que l’on fait. Et travailler proprement.» Au sens littéral du terme. Stefan emporte toujours un aspirateur lorsqu’il se déplace. Pas par obligation, mais par réflexe. La fierté professionnelle s’exprime dans les détails: distributeurs bien montés, thermomètres positionnés avec précision, remise dans un état rangé. «C’est cela qui fait la différence.» Il transmet ces conceptions aux autres, notamment aux apprenti(e)s. Son activité lui a donné l’occasion d’accompagner bon nombre d’apprenant(e)s.

Lors du jubilé de 40 ans de Stefan, Martin Wolf, directeur de la succursale Hälg & Cie SA St-Gall, Stephan Burkhart, responsable du département Montage en chauffage / froid, le jubilaire Stefan Walser et Feta Shala, responsable du département Chauffage / Froid, ont passé en revue quatre décennies.

En même temps, il constate que ce comportement n’est plus évident aujourd’hui. «La fierté du propre travail fait parfois défaut.» Pour Stefan, il ne s’agit pas de nostalgie, mais de responsabilité vis-à-vis du métier, des clients et de soi-même.

La voie qu’il a empruntée était jalonnée d’expériences variées. Des projets dans la région et la ville de St-Gall, mais aussi des interventions à l’étranger, deux fois en Egypte, une fois en Libye. «Travailler et voyager, cela m’a attiré.» Il se souvient aussi de grandes installations en Suisse, notamment du hall 9 du parc des expositions OLMA, du centre de congrès Einstein et de la mairie de St-Gall. «J’aime me rappeler de tels projets.»

L’évolution avec Hälg & Cie SA

Au fil des années, le lieu de travail est devenu plus qu’une activité professionnelle. Toute cette période a été marquée par un grand engagement, de multiples souvenirs et par le tissage de nombreuses relations. L’un de ces liens est le premier Transporter Volkswagen rouge. «Cela m’a vraiment rendu fier.»

Durant ses loisirs, Stefan consacre beaucoup de temps à son véhicule de collection, un trois-roues à cabine Messerschmitt.

Les relations humaines comptent toujours encore: «De nombreuses personnes m’accompagnent depuis longtemps. C’est comme une communauté.» A cela s’ajoute le soutien que lui apportent ses supérieurs. «On m’a stimulé et toujours aidé.» Il y a aussi les choses qui lui tiennent à cœur: «Depuis que je suis père, mes vendredis sont libres si le travail le permet.»

Après 40 ans, l’histoire de Stefan ne donne pas l’impression d’être un plan de carrière ou une stratégie, mais une expérience devenue rare aujourd’hui: la fierté professionnelle, la confiance et le plaisir de se lever chaque matin. «Je suis fier de regarder la ville de St-Gall et de voir toutes les constructions auxquelles j’ai participé.»